Le Quercus palustris, également appelé chêne des marais, malgré son nom, ne se plait pas dans les sols lourds, calcaires, argileux et compacts. Majestueux comme tous ses cousins, il offre un feuillage caduc, profondément lobé et découpé, vert brillant en été virant au rouge écarlate à profond en automne. Sa croissance relativement rapide et son port imposant le destinent aux grands jardins. Il apprécie les emplacements dégagés, les sols profonds, acides et frais.
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Originaire de l’est et du centre des Etats-Unis, ce grand arbre de la famille des fagacĂ©es, peut atteindre 20 Ă 25 m de hauteur pour une envergure de 12m. Le Quercus palustris prĂ©sente un port conique: les branches basses sont retombantes tandis que celles qui se dĂ©veloppent Ă partir de la mi-hauteur sont horizontales. Les feuilles caduques, profondĂ©ment dĂ©coupĂ©es en 5 Ă 7 lobes, Ă©voquent un peu celles des Ă©rables. Elles mesurent de 5 Ă 11 cm de longueur. Vert lustrĂ© au coeur de l’Ă©tĂ©, elles brunissent un peu avant de prendre de magnifiques teintes automnales, persistant sur les rameaux jusqu’en hiver. Ce chĂŞne fleurit tĂ´t au printemps, puis produit en deux ans des glands très dĂ©coratifs, de 2cm de diamètre, pratiquement ronds. Son tronc, très droit, est couvert d’une Ă©corce lisse, grisâtre, et ses branches donnent naissance Ă de nombreux petits rameaux grĂŞles plus ou moins Ă©pineux qui lui ont valu son nom d’Ă©pingle. Cette espèce produit une racine pivotante, mais son enracinement n’est pas très profond. Il vivra 90 Ă 120 ans dans le jardin.
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Le chĂŞne des marais pousse dans tout sol riche, bien drainĂ©, plutĂ´t neutre en situation dĂ©gagĂ©e, oĂą il sera visible de loin. Il sera cultivĂ© comme arbre d’ornement dans les parcs et grands jardins, oĂą il est exprimera tout son potentiel comme arbre d’ombrage ou spĂ©cimen. Il montre un dĂ©veloppement plus harmonieux lorsqu’il est cultivĂ© en conditions abritĂ©es, sans concurrence excessive. Pourquoi ne pas l’associer au Cyprès chauve (Taxus distichum), ou au Nyssa sylvatica, qui requierent Ă peu près les mĂŞmes conditions de culture. On pourra Ă©galement planter Ă son pied deux espèces de fougères comme Onoclea sensibilis, en sol neutre Ă acide et humide, soleil Ă mi-ombre et Dryopteris palustris (Telypteris palustris), idĂ©ale dans les scènes de rive ou de marĂ©cage, dans l’ombre claire ou au soleil.
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Les forêts de chênes mêlés aux hêtres tendent à occuper tous les milieux des régions tempérées lorsque l’homme n’intervient pas. On parle de climax qui désigne un état d’équilibre entre le sol et la végétation. Ainsi une clairière, une zone incendiée tend à devenir une forêt de chênes après différentes étapes de recolonisation du milieu. Le chêne possède une aura qui peut-être vient de cet état de fait mais aussi de sa longévité légendaire, de sa prestance. Il symbolise la force, la sagesse, la majesté, la durée, faisait l’objet de cultes païens, Saint Louis rendait la justice sous un chêne séculaire…
Les glands, fruits du chĂŞne
Le genre Quercus, qui est le nom scientifique du chêne, comprend plus de 400 espèces qui comme le hêtre et le châtaignier appartiennent à la famille des Fagacées. Il s’agit d’arbres ou d’arbustes très polymorphes à feuilles caduques ou persistantes, de formes et dimensions très variables. Le chêne kermès (Quercus coccifera) de 1 m environ présente des feuilles piquantes et coriaces de moins de 1 cm de long tandis que Q. dentata livre des feuilles lobées dépassant parfois 30 cm de longueur.
Le chêne, si fréquent dans nos forêts, est finalement assez peu employé dans les aménagements de parcs et jardins compte tenu de l’extraordinaire diversité qui existe au sein du genre. Leur grande taille peu adaptée aux jardins urbains, leur croissance relativement lente, leur floraison discrète et surtout la méconnaissance de leur diversité participent sans doute au peu d’intérêt qu’on leur accorde. Les glands des chênes constituaient l’alimentation de base de nombreuses peuplades qui vivaient essentiellement de cueillette aussi bien en Europe qu’en Amérique et même en France lors des périodes de disette. Le « racahout des arabes » est une poudre pour enfants commercialisée en France jusqu’au début du XXe siècle.

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